lundi 6 octobre 2008

La fin des ennuis


Puis est arrivée la fin de la scolarité, le passage du brevet d'aptitude militaire, l'obtention du premier grade, pour moi j'ai été nommé caporal-chef à ma plus grande surprise, puis suivant nos moyennes, nous avons pu choisir nos futures spécialités.
Pour moi cela a été télécom fil 45/14. Je ne m'en sortais pas trop mal.
Puis nous avons fait notre soirée d'adieu (soirée traditionnelle) j'y ai participé, je ne dirais pas ce que j'y ai fait.
Puis fin décembre, nous avons quitté l'établissement pour nos vacances de Noël et ne jamais y revenir. Rochefort nous attendait! J'ai poussé un grand ouf de soulagement en franchissant les portes de cette tôle pour la dernière fois.
C'est drôle, mais tous les fayots regrettaient de partir. Je pense qu'ils se demandaient bien à quelle sauce ils allaient être mangés; plus d'éducateurs là! La jungle pour eux, alors que pour moi cela été la resurection. Mais c'est une autre histoire que j'entreprendrais peut être un de ces jours.
Soyez nombreux à faire des commentaires bons ou mauvais, je prends tout.

Les activités dirigées


A part le foot, le rugby ou la fanfare nous n'avions accès à aucune activité intéressante si nous n'avions pas une moyenne suffisante, je ne me souviens plus quelle était cette moyenne. Je voulais faire du vol à voile mais impossible, réservé pour 3 ou 4 meilleurs élèves. Je me suis contenté du parachutisme, pas de problème de moyenne là. Et aussi plus de vantards ni de plus beaux là! N'est ce pas les gars. Tout en gueule vous étiez.
Bien qu'un peu réticent au départ, je me suis laissé entraîner par un copain pied noir et nous avons suivi l'entraînement des Bérets Rouges les TAP de Pau. Viril mais sympa, plus de petite bassesse de clan, il fallait suivre et mettre ses vantardises dans sa poche. J'ai sauté quatre fois et ai été très heureux d'avoir pu surmonter mes appréhensions et m'être prouvé que je pouvais le faire. J'ai d'ailleurs continué quelque temps après à Rochefort sur le terrain de Royan.
Sinon, il y avait comme moyen d'évasion, la course de fond qui nous permettait de nous évader de la zone école et de courir les chemins autour de la base.
Puis bien sûr les sorties en ville, mais d'abord dans une tenue impeccable et tout ça sous l'oeil impitoyable de l'adjudant de semaine qui vous renvoyait dans votre chambre pour une cravate de travers!
Et puis c'est à peu près tout. L'ennui total quoi!

Les élèves et les copains


Les élèves de la promo se distinguaient par affinité, c'est normal.
Il y avait les imbus de leur personne ( je suis le plus beau, le plus intelligent) qui d'ailleurs, étaient les plus fayots et qui frayaient bien avec les matons, je pense que vous vous reconnaîtrez les gars...
Puis venaient les vantards, je suis le plus mature, j'ai eu des tas de gonzesses, je sais tout sur le sexe, mon père est un héros etc...
Puis les malades je veux dire de l'esprit, de la caboche, on avait une belle brochette de disjonctés, souvenez vous.
Puis venaient les petits, les sans grades comme moi, la majorité d'ailleurs, qui ne pensaient qu'à une chose, se faire oublier et échapper aux brimades des matons et des élèves précités.
Puis il y avait les copains du moment, pour moi, c'est grâce à la musique, la guitare en particulier que j'ai pu me faire quelques amis. Ils se reconnaîtrons je l'espère.
Nous jouions mal, mais nous passions de bons moments. Et comme l'atmosphère de cette promo était si peu agréable c'est dans d'autres promos que j'ai trouvé aussi quelques amis.
Puis il y avait les tout petits, qui n'avaient pas un seul ami, qui rasaient les murs,qui évitaient au maximum de croiser un des fayots ou un des disjonctés et qui ont passé leurs deux années à Saintes sans fréquenter qui que ce soit ou presque.

Les cours proprement dit

La période des cours était aussi un moment d'anthologie. Nous avions des prof appelés et des civils. Les appelés étaient dans l'ensemble corrects, mais certains, déjà gauchistes, nous faisaient payer le fait que nous nous soyons engagés dans l'armée.
Le civils étaient plutôt relax, en particulier un vieux prof de maths fumant la pipe et qui aimait bien un bruit de fond durant ses cours, j'aime autant vous dire que c'était folklorique. Nous pouvions nous défouler un peu.
Par contre il y avait un responsable des études, un adjudant surnommé le Mérou ou Achille, tout petit et tout rond avec des yeux globuleux et qui ne se gênait pas pour nous mettre des torgnoles quand un prof se plaignait de notre comportement. Il faisait du parachutisme, un jour, j'ai sauté avec lui du même avion; je n'avais qu'une envie, c'était de lui couper sa SOA avant le saut.
Puis il y avait les cours techniques en atelier, plutôt sympa, les prof aussi surtout parce qu'ils venaient tous de bases aériennes et avaient du métier.

La vie terne de tous les jours

Nous étions dans le bâtiment N°6 si je me souviens bien. Chaque jours nous apportait son lot de brimades, curage de chiottes, serpillière, nettoyage des vitres et j'en passe et des meilleures! Il est vrai que cet homme avait à sa botte une équipe de sous-officiers baptisés "éducateurs" et que je qualifierait plutôt de matons maintenant, avec du recul. La plupart étaient d'un niveau intellectuel au raz des pâquerettes et certainement accro. à la drogue de l'époque, l'alcool, et tous se prenaient vraiment pour des guerriers. A les entendre, ils avaient une vocation à faire de nous des hommes! Quel exemple pour nous!
Puis chaque jour, après le repas de midi, il y avait distribution du courrier par le maton chef qui se permettait de faire des remarque sur certaines enveloppes rose ou parfumées. Et puis après, il nous sermonnait, nommément ou en groupe, distribuait les punitions du jour, la vie quoi...

Le début des ennuis


Tout à donc commencé pour nous, un début janvier morose de 1964. Le responsable de la promo, je ne me souviens pas du poste de cet homme, un ADJ-Chef a quitté assez rapidement Saintes pour cause de mutation et a été remplacé par un autre ADJ-Chef qui a été la cause notre problème.
Ce vieux militaire à moustaches avec un accent rocailleux du sud-ouest ( vous voyez de qui je parle...) s'est empressé de mettre le souk dans notre petite communauté.
Quand je dis le souk, c'est un bien faible euphémisme! En effet notre homme qui devait se prendre pour un ancien valeureux guerrier, a voulu nous inculquer sa façon de voir la vie militaire (nous avions 15 ans). Je pense qu'il avait dû rater son concours d'entrée à la pénitentiaire!
Dés le départ il nous a imposé le port de la combinaison de vol, inconfortable au possible, sous prétexte que la veste et le pantalon mécano faisaient débraillés.
Son autre obsession était la boule à presque zéro! Il a même embauché un de nos collègues qui était un peu Figaro pour nous couper les cheveux, d'ailleurs lui aussi faisait appel à ses services.
Puis il y avait les brimades quotidiennes, les départs au réfectoire en rang et en courant et chantant. Les élèves des autres promotions se marraient bien, et même en aparté certains nous suggéraient de le flinguer, de lui tendre une embuscade une nuit. Certains de nous en rêvions, il est vrai que nous lisions "Konzalik" un auteur allemand qui parlait des sa guerre et des règlements de compte durant celle-ci.
 
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